La poussière atmosphérique est composée de grains microscopiques, généralement compris entre \(\,0.1\,\mu m\) et \(\,10\,\mu m\). Ces grains incluent des fragments minéraux, des pollens, des fibres textiles et même des nanoparticules issues des activités humaines. En physique, on définit une particule de poussière comme un objet dont le rapport surface-volume est si élevé que les forces de surface dominent sur la gravité. Ainsi, une poussière de diamètre <10 µm peut rester en suspension dans l’air pendant plusieurs jours.
Type de poussière | Origine | Taille moyenne | Composition principale | Contexte | Densité (g/cm³) |
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Poussière atmosphérique (générale) | Mélange de sources naturelles et anthropiques | 0,01 à 100 µm | Visibilité, bilan radiatif, noyaux de condensation | Constitue le fond aerosol urbain/régional : variabilité diurne et saisonnière, suivi réglementaire (PM10/PM2.5), mélange de modes ultrafins et grossiers. | 0,001 à 10-4 g/m³ (en suspension), solide 1 à 2,7 |
Poussières minérales désertiques | Érosion éolienne (ex. Sahara) | 0,5 à 50 µm | Quartz, oxydes de fer, argiles | Transportées par le vent sur des milliers de km | 2,5 à 2,7 |
Cendres volcaniques | Éruptions explosives | 0,1 à 200 µm | Silicates, verre volcanique | Impact climatique global après grandes éruptions | 2,3 à 2,8 |
Aérosols marins | Éclatement des bulles océaniques (gouttelettes d’eau salée) | 0,05 à 10 µm | Sels marins NaCl, sulfates, eau | Influencent la formation des nuages et le bilan radiatif de la Terre | 2,1 à 2,2 |
Poussières biologiques | Pollen, spores, fragments cellulaires | 1 à 100 µm | Composés organiques, cellulose, protéines | Responsables d’allergies saisonnières | 1,0 à 1,4 |
Poussières urbaines et industrielles | Combustion, circulation, procédés industriels | 0,01 à 10 µm | Carbone, métaux lourds, hydrocarbures | Polluants atmosphériques, risques sanitaires | 1,8 à 7,0 |
Résuspension des poussières | Travail du sol, trafic agricole, récoltes, activités humaines | 1 à 100 µm | Apport massif de particules grossières, poussières locales | Pics liés aux activités (labour, moisson), contribution importante aux charges locales en poussières grossières et dépôts sur surfaces. | 1,0 à 2,7 |
Sources : Seinfeld & Pandis, Atmospheric Chemistry and Physics (3e éd.), rapports IPCC, Draine et revues spécialisées sur les aérosols.
N.B. : La résuspension des poussières correspond au retour en suspension de particules déposées au sol sous l’action mécanique du vent, du trafic routier ou agricole, ou d’activités humaines. Ce mécanisme contribue fortement aux concentrations locales de PM grossières (diamètre > 2,5 µm), avec des pics courts mais intenses. La dynamique dépend de la granulométrie, de l’humidité du sol et de la rugosité de surface, et peut entraîner un transport sur plusieurs kilomètres en conditions sèches et venteuses.
À l’échelle interstellaire, la poussière est constituée de grains de silicates, de glaces et de carbone amorphe. Ces particules jouent un rôle crucial dans la formation stellaire : elles absorbent le rayonnement ultraviolet, refroidissent le gaz et permettent l’agrégation de molécules complexes. La densité typique des grains cosmiques est de l’ordre de \(10^{-26}\,\mathrm{g.cm^{-3}}\). Dans les régions denses, appelées "cores moléculaires", ces poussières déclenchent la contraction gravitationnelle qui mène à la naissance d’étoiles.
Type de poussière | Origine | Taille typique | Composition principale | Contexte | Densité (g/cm³) |
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Poussière interstellaire diffuse | Matière résiduelle du milieu interstellaire (nuages moléculaires) | 0,005 à 0,25 µm | Silicates amorphes, carbone, glace (H₂O, CO, NH₃) | Présente dans les nuages interstellaires et la Voie Lactée, absorbe et diffuse la lumière stellaire | 2,0 à 3,0 |
Poussière circumstellaire | Éjection d’étoiles géantes (AGB, supernovas) | 0,01 à 1 µm | Silicates, carbones graphitiques, oxydes métalliques | Formation de disques protoplanétaires et enveloppes stellaires | 2,5 à 3,5 |
Poussière cométaire | Évaporation et sublimation des comètes | 0,1 à 100 µm | Silicates, glace, composés organiques, carbone | Constitue les queues cométaires et contribue aux pluies de météores | 1,0 à 2,5 |
Poussière interplanétaire / zodiacale | Mélange de débris cométaires et astéroïdaux | 1 à 100 µm | Silicates, carbones, métaux | Forme le nuage zodiacal visible dans le système solaire interne, participe aux micrométéorites | 2,0 à 3,0 |
Météorites micrométriques | Fragments d’astéroïdes ou comètes entrants dans l’atmosphère terrestre | 1 à 500 µm | Silicates, fer-nickel, sulfures | Capturés dans l’atmosphère ou au sol ; étude de l’origine du système solaire | 3,0 à 3,8 |
Poussière stratosphérique | Volcanique ou transportée depuis la surface terrestre à haute altitude | 0,1 à 20 µm | Cendres volcaniques, sulfates, minéraux | En suspension dans la stratosphère, contribue au forçage radiatif global et à la diffusion du rayonnement solaire | 2,3 à 2,8 |
Sources : Tielens (2013), The Physics and Chemistry of the Interstellar Medium, NASA Cosmic Dust Catalog, Draine (2003) Reviews of Modern Physics, rapports volcanologiques.
Les poussières se trouvent partout, à la surface de la Terre et dans l’espace. Les poussières terrestres proviennent de l’érosion, des activités volcaniques, du trafic, des activités agricoles et de la résuspension. Elles présentent des tailles typiques de 0,01 à 100 µm et des densités solides de 1 à 2,7 g/cm³, jusqu’à 7 g/cm³ pour certaines particules métalliques urbaines. La densité moyenne d’un nuage de poussière terrestre en suspension atmosphérique est comprise entre 10-9 et 10-6 g/cm³, selon la localisation et l’intensité des sources. Ces poussières influencent la formation des nuages, le bilan radiatif et la qualité de l’air, et peuvent être transportées dans la stratosphère après de grandes éruptions volcaniques.
Les poussières cosmiques circulent dans le milieu interstellaire, les disques circumstellaires, les comètes et le système solaire. Leur taille varie de 0,005 à 500 µm et la densité des grains solides est comprise entre 1 et 3,8 g/cm³ selon la composition (silicates, carbones, glace, fer-nickel). Cependant, la densité moyenne d’un nuage de poussière cosmique est extrêmement faible, typiquement de 10-26 à 10-22 g/cm³ pour le milieu interstellaire et jusqu’à 10-12 à 10-9 g/cm³ dans le nuage zodiacal proche de la Terre.
Certaines poussières cosmiques pénètrent l’atmosphère terrestre, rejoignant le continuum des poussières stratosphériques et contribuant à un mélange de particules entre la surface terrestre et l’espace.
Type de poussière | Origine / source | Taille des grains | Densité des grains (g/cm³) | Densité moyenne du nuage (g/cm³) | Rôle / Contexte |
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Poussières terrestres | Érosion, volcans, trafic, agriculture, résuspension | 0,01 à 100 µm | 1 à 2,7 (jusqu’à 7 pour particules métalliques) | 10-9 à 10-6 | Influencent formation des nuages, bilan radiatif, qualité de l’air, transport stratosphérique |
Poussières cosmiques | Milieu interstellaire, disques circumstellaires, comètes, système solaire | 0,005 à 500 µm | 1 à 3,8 (silicates, carbones, glace, fer-nickel) | 10-26 à 10-22 (interstellaire) ; 10-12 à 10-9 (zodiacal) | Formation des nuages zodiacaux, queues cométaires, micrométéorites, mélange avec poussières stratosphériques |
Sources : Tielens (2013), The Physics and Chemistry of the Interstellar Medium, NASA Cosmic Dust Catalog, Draine (2003) Reviews of Modern Physics.
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